Albanie,
le réveil du pays des Aigles, 1993
Dans le nord, sur le bord de la route, il est fréquent de voir une
femme tirant un mulet chargé d'outres. Les habitants des montagnes
albanaises apparaissent hors du monde. Pourtant, ils pourraient dans peu
de temps se trouver à leur tour sous les projecteurs de l'actualité.
À quelques kilomètres d'eux, au Kosovo, dans l'ex-Yougoslavie,
deux millions d'albanais vivent sous la domination serbe. Depuis 1989, les
incidents sont monnaie courante. Et les Albanais du Kosovo, qui représentent
90 % de la population, craignent de subir une nouvelle réduction
de leurs libertés. L'Albanie, comme si sa ruine n'était pas
suffisante, vit donc sans cesse dans l'angoisse d'une explosion. Outre l'afflux
de réfugiés, les Albanais devraient également, dans
ce cas, faire face à la menace militaire serbe. Autant dire tout
de suite qu'ils n'en sont pas capables.
E.Z |
Albanie,
Kosovo le pays frère, 1993

"Si aujourd'hui l'Albanie se sent plus proche de l'Otan, je suis
persuadé que l'Otan se sent plus proche de l'Albanie..."
(Safet Zhulali, ministre de la défense albanaise en 1993).
Un moyen de rappeler aux Européens que les Balkans sont en Europe,
et qu'il faudra défendre le pays des aigles si le conflit yougoslave
poursuit son extension vers le sud. Comme l'affirme un responsable politique.
"L'Albanie, c'est l'est de l'Europe occidentale, et non l'ouest de
l'Europe de l'Est."
E.Z
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Grèce,
Les Popes en croisade contre l'Islam, 1994

"Les Serbes ne sont pas près de rendre les armes! Vous allez
voir, ce sont de vrais guerriers capables de tenir tête à l'Occident
..."
Le Père Vakaros, porte-parole de l'évêché de
Salonique, deuxième ville du nord de la Grèce, est pro-serbe
comme la plupart de ses concitoyens. Grecs et Serbes sont orthodoxes, et
leur alliance se fait au nom de cette solidarité religieuse.
L.C
|
Grèce,
les Albanais à la porte de l'Europe, 1995
Un sondage paru en décembre 1994 dans les colonnes du quotidien
Messimvrini, révèle que 56 % des enfants grecs ne veulent
pas d'albanais dans leur classe. Quand les premiers clandestins albanais
sont arrivés à Vikos en 1991 (frontière albano-grecque),
les hommes du village ont été réquisitionnés
pour surveiller les environs.
"L'Etat nous a remis un fusil et un salaire. De vrais mercenaires!"
se souvient Kostas l'hôtelier du village. Car en ces temps-là,
ni l'armée ni la police, ni les douanes n'étaient en mesure
de se dresser contre cette vague d'immigration soudaine.
"Nous n'étions absolument pas préparés"
reconnaît Ilias Krokidis, chef de la police de Janina, capitale régionale
de l'Epire. "La Grèce a toujours été un pays
de départ , et voilà que, tout d'un coup, avec la chute du régime
communiste en Albanie, notre pays devient une terre d'accueil."
L.C |