Six ans après les accords de paix entre Israéliens et Palestiniens, ce mois de mai 99 aurait pu être celui de la naissance d'un nouvel Etat : la Palestine.

Un pays aurait pu voir le jour à l'issue d'un processus pacifique. Une paix sincère, durable aurait dû régir les relations entre Israéliens et Palestiniens. Il n'en est rien.

Un extrémiste juif, nationaliste-religieux a décidé, porté par des discours haineux, de mettre un terme à la marche pacifique guidée par Ytzhak Rabin.
En assassinant le Premier ministre israélien, Ygal Amir, a creusé un fossé de taille dans la société israélienne. Pourra-t-il être comblé ?

Les ayatollahs de Gaza ont, de leur côté, multiplié les attentats aveugles.

Triste constat six ans après l'espoir qu'avait suscité la plus célèbre poignée de main de cette décennie. Les déclarations de Rabin et d'Arafat sont restées du domaine des voeux pieux. La Palestine survit tant bien que mal sur un territoire croupion et parcellé. La société israélienne flirte, elle, dangereusement avec les hommes en noir.

La large victoire du candidat travailliste, Ehud Barak, est porteuse d'espoirs, mais elle n'occultera pas du jour au lendemain les nombreuses divisions d'Israël. En effet, si Ehud Barak atteint le nirvana politique israélien il n'en est pas de même pour son parti. qui perd encore 7 sièges et regroupe moins du quart des députés. Une fois de plus le paysage politique sorti des urnes marque le morcellement de l'opinion et sacre les représentations catégorielles ou corporatistes. Le premier rôle d'Ehud Barak sera donc de fédérer une majorité hétéroclite s'il veut poursuivre un projet politique lisible. Gageons que les ultra religieux du Shaas qui doublent presque leur représentation à la Knesset feront payer cher leur ralliement et seront malheureusement pratiquement indispensables à la constitution d'une majorité stable. Entravreront-ils à nouveau le chemin de la paix ? Les pionnier laïcs d'Israël, ceux qui ont l'âge de leur pays ne sont pas au bout de leurs inquiétudes. Parmi eux beaucoup se sentent menacés...

Textes : Edouard Zambeaux
Reportage radio : Edouard Zambeaux
Photographies : Olivier Douvry
Réalisation : Olivier Douvry